Programmation de recherche

Axe 1 Territoire, aménagement et bien être des communautés

L’activité touristique transforme les espaces qu’elle consomme (Urry, 1995), que ce soit par la sacralisation des lieux (McCannell, 1976), par l’intégration des discours dominants sur l’activité locale (Saarinen, 2004) ou encore le redéveloppement des espaces voués au tourisme (Judd et Fainstein, 1999). La croissance soutenue de l’activité touristique, inégalement distribuée dans l’espace et le temps, concentre en certains lieux une fréquentation difficilement qualifiable de durable, tout en laissant en plan d’autres lieux prisés du passé ou en devenir. Par ailleurs, les changements climatiques transforment l’espace physique de nombreuses destinations ou, au mieux, les forcent à mettre en place des mesures d’adaptation. Dans ce contexte, l’axe 1 abordera ces enjeux du point de vue des communautés à travers les politiques, les instruments d’urbanisme et les actions entreprises pour répondre aux changements climatiques ou pour assurer une meilleure équité économique et sociale, voire limiter les phénomènes de gentrification liés à la touristification des espaces de vie, et ce, sans négliger le fait que le tourisme implique des relations d’altérités. Ces dernières posent les questions de l’évolution des territoires en fonctions des représentations et intérêts des touristes ou des collectivités territoriales et de comment se négocie cette relation entre l’espace du quotidien des locaux et celui de l’altérité des touristes.

Axe 2 Innovation socio territoriale et technologique

L’industrie touristique est considérée comme peu innovante (Hjalager, 2010) et ce, malgré le fait qu’elle est aussi une industrie pionnière dans l’intégration des nouvelles technologies de l’information (Buhalis, D., & Amaranggana, A.,2013).Cet axe consiste à aborder les transformations du tourisme induites par les innovations technologiques : numériques, transports, nouvelles formes de gestion, etc. Mais aussi l’innovation sociale dans les nouvelles inscriptions territoriales du tourisme via de nouveaux modes de propriétés et gestions (entreprises collectives, réseaux informelles d’acteurs, groupes d’échanges de biens et services touristiques) ainsi que de nouvelles configurations socioterritoriales, telles les Living labs touristiques ou encore les mobilisations autour d’événements et festivals,  à même de susciter l’attractivité touristique.

Axe 3 Gouvernance, politique et pouvoir

Le territoire est une notion complexe, tant matérielle que symbolique, qui implique nécessairement certaines formes de pouvoir. La destination ne peut pas être comprise comme une simple entité physique bien délimitée, à travers des divisions administratives ou des marqueurs physiques concrets. Ainsi l’activité touristique nous amène à porter notre attention sur les espaces comme produits de processus et pratiques sociales; il est donc l’expression de différentes formes de pouvoir. Ainsi, dans la mise en place d’un projet touristique, au processus de territorialisation et de touristification par les acteurs locaux, peut se superposer d’autres projets de territorialisation portés par des acteurs différents. Ainsi, en maints endroits, on observe une accélération de nouvelles constructions territoriales et une transformation des acteurs en présence. Cependant, ne bénéficiant pas du même statut, tous les acteurs ne possèdent pas le pouvoir d’opérateur ou de créateur territorial (Di Méo, 1998). La territorialisation par et pour le tourisme en sont de bons exemples. Dans ce contexte, il importe de savoir qui sont ces acteurs, quels sont les politiques et les formes de gouvernances mises en place, comment se décline le pouvoir et qui y a accès et qui y est exclu.

Chantier transversal 1 : tourisme  et autochtonie

Durant les deux dernières décennies, il y a eu une expansion considérable du tourisme autochtone à l’échelle mondiale (Butler et Hinch, 2007). Comprendre les formes que prend le tourisme autochtone sur les territoires, les processus de gouvernance et d’innovation qui lui sont associés nous apparaît fortement pertinent pour soutenir le développement d’initiatives de développement touristiques autochtones sources d’échanges intercommunautaires, d’affirmation culturelle et de développement local communautaire.

Chantier transversal 2 : Événements et festivals

Depuis le début des années 1970, le nombre des événements et festivals organisés dans les différentes villes du monde ne cesse de croitre pour différentes raisons. D’une part, l’argument économique domine les motivations des promoteurs de ce genre de manifestations où on espère accueillir des touristes étrangers qui, généralement, dépensent dans la destination davantage que les festivaliers locaux. Or, et c’est là le deuxième argumentaire au développement des festivals et événements, l’organisation de ce type de manifestation peut avoir bien d’autres raisons.Vus d’un angle économique, ces événements peuvent ne pas avoir des retombées importantes pour l’économie locale, néanmoins, ils peuvent avoir des effets structurants sur le territoire d’accueil et plus particulièrement lorsque ces événements sont tenus de façon régulière. Au GRITTS, nous souhaitons, eu égard à la pluridisciplinarité de nos chercheurs, proposer des regards différents sur ces festivals et événements non seulement dans le seul but de mesurer les impacts, mais plutôt dans le dessein de bien saisir les dynamiques autour de ces phénomènes. L’objectif est aussi d’alimenter en recherche appliquées et fondamentales à partir de nos trois axes l’unité à vocation de transfert sur les évenements et festivals qui sera portée par Mohamed Reda Khomsi.